Depuis qu’elle a remporté le prix récompensant la meilleure production scientifique parmi les 36 pays africains lors de la réunion annuelle de 2026, l’équipe Countdown du Burkina Faso utilise ses analyses pour susciter des discussions constructives avec les parties prenantes et les décideurs. Elle a tout d’abord rencontré le ministre de la Santé et son équipe le 22 juillet ; le 31 juillet, elle a présenté ses conclusions lors de la Conférence nationale sur la population.

Le ministre de la Santé, le Dr Robert Kargougou, a félicité l’équipe de recherche pour son prix et a souligné que ces résultats s’inscrivaient dans la vision du ministère, qui prévoit de créer une unité technique chargée de produire et d’exploiter ce type de données scientifiques afin d’éclairer le développement du système de santé du pays. Les membres du comité consultatif du ministère de la Santé ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des résultats, qui mettent en évidence les observations de terrain en s’appuyant sur des données probantes. Le Dr Kargougou a exprimé son espoir de voir la collaboration avec l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) renforcée par un accord de partenariat, ce qui faciliterait l’accès de l’équipe de recherche aux données sanitaires.

La conférence sur la population a réuni des chercheurs, des étudiants, des partenaires techniques et financiers, des représentants d’institutions publiques et du système des Nations unies, ainsi que d’autres professionnels de la santé. Au cours de cette session de quatre heures, les membres de l’équipe Countdown ont présenté les résultats, puis ont répondu aux questions du public concernant la méthodologie et les implications de ces conclusions.

Les présentations comprenaient des projections de couverture jusqu’en 2030, réalisées à l’aide d’une approche d’analyse bayésienne. Malgré une situation sécuritaire difficile, les projections suggèrent que le Burkina Faso est en bonne voie pour atteindre ses objectifs en matière de santé maternelle, grâce à un système de santé résilient. Toutefois, les interventions dans ce domaine devront être renforcées pour maintenir les tendances observées.

Voici quelques autres conclusions clés :

  • La qualité des données (exhaustivité, cohérence interne, valeurs aberrantes) a affiché une légère baisse, probablement due à l’insécurité dans certaines régions.
  • L’analyse du continuum de soins a révélé des écarts de performance entre les régions, les régions de l’Oubri et du Kadiogo arrivant en tête, tandis que celles du Soum, du Tapoa et du Liptako accusaient un retard.
  • Les inégalités géographiques en matière de couverture vaccinale ont également été mises en évidence.
  • Des baisses du nombre de mort-nés et de la mortalité maternelle ont été constatées, ces deux indicateurs étant marqués par des disparités régionales persistantes et significatives.
  • Une sous-déclaration des décès maternels a été mise en évidence.
  • Les infrastructures et la densité de personnel se sont avérées bien inférieures aux objectifs nationaux, en particulier dans les zones touchées par la crise sécuritaire.

Ces discussions ont souligné l’importance de rendre les résultats de la recherche accessibles à un public plus large afin de favoriser leur adoption et leur utilisation dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et interventions de santé publique. Cette conférence a contribué à renforcer le dialogue national concernant l’utilisation d’informations fondées sur des données probantes pour la planification en matière de santé maternelle et néonatale.

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