Contexte et justification

Des soins obstétriques et néonatals de bonne qualité dans les établissements de santé sont essentiels pour réduire les décès maternels et néonatals et la mortinatalité, ainsi que pour améliorer la santé future des femmes et des enfants. Les accouchements en institution ont augmenté de façon spectaculaire dans le monde entier, mais les lieux où se déroulent les accouchements varient énormément et sont mal connus. Il est très peu probable qu’une simple augmentation de la couverture des accouchements en établissement réduise la mortalité si les établissements ne disposent pas des conditions de base pour les soins obstétriques et néonatals d’urgence, si leur personnel est insuffisant ou s’ils ne sont pas en mesure de référer les patients en cas d’urgence.

Dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne, les naissances ont surtout augmenté dans des établissements ayant une faible capacité à gérer les urgences obstétricales, un faible volume de naissances, ou les deux à la fois. La moindre qualité des soins obstétriques et le manque de capacités d’urgence dans ces établissements ont conduit certains à recommander une politique d’accouchement à l’hôpital pour tous, bien qu’il n’y ait pas de consensus global. Des données supplémentaires sont nécessaires pour déterminer le meilleur équilibre entre les services d’accouchement des niveaux primaire et tertiaire afin de fournir des soins d’accouchement respectueux et susceptibles de sauver des vies. Une étude impliquant 22 pays d’Afrique subsaharienne est menée dans le cadre de la phase III du Countdown 2030 afin de produire des données probantes qui éclaireront les décisions nationales et mondiales sur les futures stratégies de santé maternelle et infantile.

Questions de recherche et conception de l’étude :
1. Où les femmes accouchent-elles, par quel mode (voie vaginale ou césarienne), qui les assiste, par secteur/volume/niveau de l’établissement, au niveau national, régional et par groupe socio-économique (données DHS/MICS et HMIS) ?
2. Quels sont les résultats sanitaires (mortalité néonatale, mortinatalité) par secteur/volume/niveau de l’établissement, au niveau national, régional et par groupe socio-économique (DHS/MICS et HMIS) ?
3. Quels sont les niveaux de préparation et d’accessibilité des établissements pour les accouchements de routine et les soins obstétricaux et néonatals d’urgence de base et complets (évaluations des établissements de santé et recensement ou données géospatiales liés) ?
4. Quelles sont les caractéristiques prévues et réelles de la politique et du système de santé (par exemple, l’organisation des services, les ressources, la qualité de la prestation de services, le financement et l’information) en place pour la prestation des soins obstétricaux de routine et d’urgence (documents et données sur les systèmes de santé) ?
5. Dans quelle mesure les pays ayant des niveaux plus élevés de soins d’accouchement sûrs, efficaces, équitables, prêts et accessibles ont-ils des caractéristiques politiques et systémiques favorables en matière de SMN, et où des ajustements ou des ajouts sont-ils nécessaires dans les stratégies futures pour améliorer les résultats pour la mère et le nouveau-né ?

Pays participants :  Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Guinée, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, Tchad.
Des analyses de base seront réalisées au cours de la phase 1 dans les 22 pays à l’aide des documents/données des EDS/MICS, du HMIS et des politiques/systèmes de santé. Des analyses plus approfondies seront réalisées au cours de la phase 2 dans certains pays qui disposent de données SARA/SPA, d’évaluations des établissements de santé, de SIG et d’autres données sur les systèmes de santé.

Résultats prévus : Rapports sur les stratégies de prestation de soins de santé maternelle et infantile (chaque pays), outils d’analyse des données sur la santé maternelle et infantile utilisant des sources de données multiples, article scientifique commun (pour l’ensemble des pays), articles nationaux supplémentaires sur certains résultats, diffusions pour informer les examens.