
Ce billet de Godfred Adero, chercheur au sein de Countdown, résume les principales conclusions de l’étude sur la santé urbaine à Nairobi, au Kenya.
Des services adéquats de soins obstétricaux d’urgence néonatals (SOU) sont essentiels pour sauver la vie des nouveau-nés et atteindre les objectifs de mortalité néonatale. D’innombrables nouveau-nés perdent encore la vie dans les pays africains au cours de la période cruciale de 28 jours qui suit la naissance, et des estimations récentes des Nations unies montrent que 43 des 48 pays de la région de l’Afrique subsaharienne n’atteindront pas leur objectif de mortalité néonatale d’ici à 2030. Le Kenya est également engagé dans une course contre la montre pour réduire son taux de mortalité néonatale, qui est actuellement estimé à 21 décès pour 100 naissances vivantes.
Les services d’urgence néonatale sont conçus pour répondre aux besoins médicaux urgents des nouveau-nés, en particulier ceux qui sont prématurés, qui ont un faible poids à la naissance ou qui souffrent de graves problèmes de santé tels que la détresse respiratoire, les infections ou les anomalies congénitales. Ces services comprennent la réanimation immédiate, la stabilisation et les soins intensifs, qui nécessitent souvent un équipement spécialisé et un personnel de santé formé pour fournir une assistance vitale. L’accès à des soins d’urgence néonatals efficaces et en temps voulu réduit considérablement le nombre de décès néonatals et améliore l’état de santé à long terme, ce qui permet aux nouveau-nés non seulement de survivre, mais aussi de se développer pleinement.
Dans les bidonvilles de Nairobi, où les risques sanitaires sont caractérisés par des facteurs tels que le manque d’hygiène, la malnutrition et l’absence de soins de santé maternelle, la disponibilité et l’adéquation des services d’urgence néonatale sont essentielles pour améliorer les taux de survie des nourrissons et favoriser leur bien-être général.
Countdown a mené une étude pour évaluer la qualité des soins de santé maternelle et néonatale fournis dans les quartiers informels de Viwandani et Korogocho. L’étude s’est concentrée sur l’évaluation de l’état de préparation des établissements de santé, sur la compréhension des expériences des femmes en matière de soins de maternité centrés sur le patient et sur l’évaluation des perceptions des prestataires de services quant à la prestation de ces services. L’étude s’est appuyée sur un modèle transversal, comprenant des évaluations des établissements de santé, des enquêtes de sortie auprès de 412 femmes, des entretiens approfondis avec 24 prestataires de soins de santé, et 3 entretiens avec des informateurs clés, responsables de la santé du comté.
Histoires de réussites
Notre étude montre de grandes améliorations dans de multiples domaines de la préparation des établissements de santé au milieu de problèmes systémiques tels que la médiocrité des infrastructures, la rareté des établissements spécialisés et du personnel formé, l’accès limité aux médicaments essentiels et les obstacles financiers.
● Les sept établissements que nous avons étudiés ont systématiquement fourni des antibiotiques injectables pour les infections néonatales, notamment de la ceftriaxone et de l’amoxicilline. Il s’agit là d’un indicateur positif de la capacité des établissements à gérer les infections, une menace courante et grave pour la santé des nouveau-nés. Cependant, la disponibilité limitée de médicaments essentiels tels que le bêta ou la dexaméthasone (43 %) met en évidence des domaines critiques à améliorer. Ces médicaments sont vitaux pour gérer diverses affections néonatales et assurer des soins complets.
● Les sept établissements disposaient de directives, de protocoles et d’aides à l’emploi pour le personnel chargé des soins maternels kangourou (KMC) ayant reçu une formation KMC au cours des deux dernières années. Les soins maternels kangourou sont essentiels pour améliorer la survie des prématurés et des nourrissons de faible poids à la naissance en favorisant le contact peau à peau, qui stabilise la température, le rythme cardiaque et la respiration. Ces éléments peuvent aider les prestataires à mettre en œuvre la CMK de manière efficace, en réduisant les infections, en améliorant l’allaitement et en renforçant la santé des nouveau-nés. En offrant ces pratiques, la KMC peut réduire de manière significative la mortalité infantile et améliorer les chances de survie des nouveau-nés vulnérables dans les quartiers informels.
● Quatre des sept établissements disposent de matériel de première nécessité, comme des mécanismes d’administration de médicaments pour les perfusions et les liquides intraveineux, des tables de réanimation avec des sources de chaleur et des balances de pesée pour nourrissons avec une gradation de 100 g.
Les domaines dans lesquels il faut agir davantage pour sauver des vies
Bien qu’il y ait des aspects louables dans la préparation des établissements de santé de Viwandani et Korogocho à fournir des soins aux nouveau-nés petits et malades (SSN), tels que la disponibilité des médicaments essentiels et la formation récente au KMC, il est essentiel de donner la priorité à la préparation globale.
La prise en charge globale des SSN reste insuffisante, comme l’indique un score de 42,9%. L’absence de lignes directrices pour la prise en charge de la septicémie néonatale, une affection potentiellement mortelle qui nécessite une intervention rapide et efficace, constitue une lacune importante. En outre, seuls quelques membres du personnel ont reçu une formation dans des domaines essentiels, tels que la prise en charge de la septicémie néonatale et la réanimation, l’oxygénothérapie et l’assistance thérapeutique, ainsi que la surveillance de l’utilisation du matériel néonatal. En l’absence d’une formation adéquate et de lignes directrices claires pour la prise en charge de la septicémie néonatale, les nouveau-nés affectés risquent d’obtenir des résultats sous-optimaux, ce qui souligne la nécessité urgente de renforcer la formation et d’élaborer des protocoles complets pour améliorer les soins néonatals. Les équipements essentiels tels que les bonnets, les couveuses et les registres pour enregistrer les services de soins maternels et infantiles, ainsi que le manque de lits pour que les soignants puissent y passer la nuit, continuent d’affecter la qualité des soins prodigués aux nouveau-nés, ce qui a une incidence sur leur survie et leur rétablissement.
Voici quelques-unes des actions nécessaires :
1. Évaluer en permanence les lacunes en matière de médicaments spécifiques et dispenser une formation complète. Les équipes de suivi peuvent le faire par le biais d’audits de routine menés dans les établissements, en utilisant des outils numériques tels que des applications mobiles pour suivre les stocks de médicaments et les besoins en formation du personnel.
2. Il est également essentiel d’élargir les programmes de formation afin d’offrir à l’ensemble du personnel une formation complète sur la gestion de la septicémie néonatale et d’autres protocoles de soins néonatals critiques. En outre, l’élaboration de lignes directrices détaillées pour la prise en charge de diverses pathologies néonatales garantira que tous les établissements disposent des ressources et des connaissances nécessaires pour fournir des soins optimaux.
3. Les parties prenantes peuvent prendre des mesures clés pour améliorer l’état de préparation des établissements aux soins SSN. Le gouvernement et les autorités sanitaires doivent allouer des ressources pour l’équipement médical essentiel et élaborer des politiques sur la gestion de la septicémie néonatale. La direction des établissements doit donner la priorité à la formation du personnel et mettre en place un système de suivi pour une évaluation continue.
En conclusion, l’amélioration de l’état de préparation des établissements de santé des quartiers informels urbains à la prise en charge des nouveau-nés vulnérables nécessite une action coordonnée de la part de toutes les parties prenantes. En comblant ces lacunes en matière de ressources, de formation et d’équipement et en établissant des protocoles clairs, ces établissements peuvent améliorer de manière significative les résultats pour les nouveau-nés en milieu informel. Une évaluation continue soutenue par des outils innovants et un soutien externe permettra également de garantir que le système reste adapté aux besoins des nouveau-nés.
aux besoins en matière de soins aux nouveau-nés.
