
Cet article de blog résume les remarques d’ouverture et de clôture du Dr Cheikh Faye lors d’un webinaire Countdown organisé le 10 avril 2026. Le Dr Faye est directeur de projet chez Countdown et responsable du bureau ouest-africain du Centre africain de recherche sur la population et la santé (APHRC). Ce webinaire a réuni des experts du monde entier pour revenir sur les 20 ans d’histoire de Countdown et discuter des mesures nécessaires pour maintenir et accélérer les progrès en matière d’amélioration de la santé des femmes, des enfants et des adolescents.
Au cours des deux dernières décennies, Countdown a contribué à façonner le débat mondial sur la mesure, l’équité et la responsabilité en matière de santé des femmes, des enfants et des adolescents. Il a fourni des tableaux de bord et des profils d’équité, fait progresser l’innovation méthodologique, généré des données scientifiques et établi des partenariats solides entre les gouvernements, les agences des Nations Unies, le monde universitaire et les partenaires de développement. Countdown a constamment incité les acteurs du secteur à regarder au-delà des moyennes nationales et à se demander qui est laissé pour compte, pourquoi et ce qui doit changer.
Regardez l’enregistrement du webinaire :
Countdown a évolué vers un modèle davantage centré sur les pays, se rapprochant des institutions nationales, des analystes et des processus décisionnels. L’APHRC a joué un rôle de premier plan dans cette transformation. Cela inclut notamment d’aider à repositionner Countdown pour qu’il travaille plus directement avec les acteurs nationaux, de renforcer les capacités d’analyse des pays et de promouvoir des approches plus ancrées et menées par les pays en matière de responsabilité et d’utilisation des données, en particulier en Afrique subsaharienne.
Countdown ne doit pas être considéré uniquement comme une plateforme de reporting, mais comme un mécanisme de responsabilisation. La responsabilisation n’est pas un exercice externe, mais quelque chose qui doit être pris en main, utilisé et mis en œuvre par les pays eux-mêmes. Countdown aide à rendre les progrès visibles, montre où les inégalités persistent, évalue si les engagements se traduisent en résultats et crée un espace pour un dialogue et une action fondés sur des données probantes. Cette fonction de responsabilisation reste essentielle, mais elle doit évoluer en réponse à un paysage des données en mutation.
Des changements majeurs sont en train de remodeler les systèmes de données de santé mondiaux et nationaux. Parmi ceux-ci figurent :
· la diminution des investissements dans les données,
· la politisation croissante des données factuelles,
· les risques pesant sur la responsabilité indépendante,
· les contraintes pesant sur les grandes enquêtes auprès des ménages telles que les enquêtes démographiques et de santé, et
· la demande croissante des pays pour des systèmes de données plus opportuns, plus granulaires et plus intégrés.
En outre, l’accent est désormais davantage mis sur la souveraineté des données, la durabilité, les capacités d’analyse nationales et une utilisation accrue des données dans les processus de planification, d’évaluation et d’élaboration des politiques. L’automatisation et l’intelligence artificielle peuvent présenter à la fois des opportunités et des risques.
La prochaine phase de Countdown ne peut se contenter de prolonger le passé. Elle doit s’ancrer plus profondément dans des approches menées par les pays, des institutions nationales plus solides, un renforcement à long terme des capacités d’analyse et une meilleure intégration des données d’enquête et des données de routine. Un engagement renouvelé en faveur de la responsabilité indépendante, de l’appropriation par les pays et de l’équité s’impose. Nous devons mettre en place des systèmes de données qui soient non seulement plus performants sur le plan technique, mais aussi plus utiles, plus durables et plus fermement ancrés dans la prise de décision au niveau national.
